La carte postale est un peu vieillote, mais c'est mon seul vestige de ce qui fut, il était une fois, la mosquée du vendredi à Iconi, Bambao, en Grande Comore. Les moutons étaient très probablement ceux de Said Bahassani, mon grand-père, grand notable de ce village d'irréductibles pêcheurs. Une belle fin d'après-midi, alors que dans le ciel, l'orage de ce jour de mousson se prépare. Et le Bichio, terrain de foot des jeunes du quartier quand il est sec, est redevenu une piscine naturelle comme à chaque marée montante.
Ce paysage de mon adolescence, fait partie de ma mémoire, de ce qui fait de moi une comorienne.
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